Le miel, un travail d’artiste par un passionné

Texte et photos D.Roudy


Vendredi, c’est jour de marché à Valberg, station de montagne des Alpes-Maritimes, ou les producteurs locaux affichent leur savoir-faire. Parmi eux, Pascal Thiery, apiculteur, propriétaire, récoltant au Rucher aux Marmottes dans le Parc National du Mercantour, nous partage une passion de 25 ans…

Pascal Thiery apiculteur proprietaire recoltant photo D.Roudy


Sur la place Charles Ginésy, un nom symbolique de cette station de montagne qui n’a rien perdu de son ADN : authentique et familiale, les artisans qui se connaissent depuis des lustres prennent possession de leur emplacement, puis mettent en musique leur étale.
A peine ont-ils le temps de mettre en valeur tous leurs produits que, déjà les habitués depuis plusieurs années viennent chercher leur miel au Rucher aux Marmottes.

Dans la tradition familiale


Entre deux clients, on s’intercale et Pascal Thiery, apiculteur, producteur et récoltant depuis 25 ans à Beuil – Les Launes, à quelques kilomètres de Valberg, explique : « j’ai fait des études agricoles : lycée, puis BTS, et je voulais m’installer avec plusieurs productions. Au départ, je voulais faire des poules pondeuses, des plantes médicinales, du miel, des abeilles et face à la difficulté de trouver du foncier dans les Alpes-Maritimes j’ai commencé avec des ruches, car mon père avait des ruches, et, au fur et à mesure, j’ai augmenté mon cheptel ».


Pascal a débuté avec 200 ruches, aujourd’hui l’apiculteur en a 400. « J’en ai 300 ici et une centaine en Bourgogne » et il nous explique ce phénomène de la transhumance : « En fait, c’est comme les brebis. On laisse les abeilles en hivernage sur la côte, en bord de mer, ensuite nous les montons petit à petit avec les floraisons qui s’étalent jusqu’en juillet où nous allons finir, ici en montagne, avec la lavande. Nous commençons maintenant en février-mars avec le romarin et la bruyère, après nous avons le thym serpolet et d’autres plantes ».
Il faut savoir que le Rucher aux Marmottes produit 8 tonnes de miel à l’année « c’est ce qu’il nous faut, ajoute l’apiculteur, car nous vendons tout en direct dans notre boutique à Beuil et sur les marchés de Valberg et Valbonne ».

Miel de Ronce Photo D.Roudy



« Nous devons trouver des endroits intéressants au niveau de la miellée », explique l’apiculteur

Mais que faut-il pour que vous soyez satisfait de votre miel ? « Il faut emmener les ruches dans des endroits qui peuvent être intéressants au niveau de la miellée, c’est-à-dire des fleurs qui ont des bons nectars et qui peuvent apporter des parfums intéressants pour le miel. Toutes les fleurs sont intéressantes, mais après c’est une histoire de goût. En fait, le miel correspond au caractère de la région. »
Entre le miel de montagne que l’apiculteur appelle « toutes fleurs de montagne » et le miel mono floral comme le miel d’acacia, de lavande, de thym, de ronce, de sarriette, l’approche du producteur est différente.
« Pour ce qui est du miel d’acacia, par exemple, nous emmenons les ruches dans les forêts d’acacia, on laisse l’acacia fleurir, les abeilles travaillent plus ou moins suivant les années et à la fin de la floraison nous récoltons. C’est la même chose pour la lavande à ceci près que nous allons dans des champs de lavande. Il faut savoir que nous pouvons faire analyser nos miels car si nous avons un petit doute les laboratoires nous dirons de donner telle ou telle appellation sur un miel. Et si vraiment c’est un mélange, car d’autres plantes sont venues, on nous demande de l’appeler miel toutes fleurs. »
Pascal Thiery reconnaît qu’à Valberg, la clientèle a une préférence pour le miel plutôt doux, c’est-à-dire le miel de ronce, voire le miel d’acacia. « A la montagne, nous vendons plus facilement du miel de montagne, conclut l’apiculteur. Lorsque nous sommes en bas, sur la côte, ce sera plutôt du miel de lavande. »
Toujours aussi passionné, l’apiculteur n’a pas fini de surprendre son environnement car il n’y a pas une année sans que Pascal Thierry innove avec des plantes qui lui permettent de donner de nouveaux miels pour son plus grand bonheur et celui de ses clients.

Reportage et photos à Valberg Dominique ROUDY

Images liées:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error

Vous êtes déjà des milliers à nous lire. Rejoignez nous sur nos nouvelles pages et aimez-nous !