Mondial de l’Automobile 2016 : les SUV ont la cote

Malgré une fréquentation en baisse de près de 15 % par rapport à 2014, que reste t-il de ce Mondial de l’Automobile 2016 ?

Côté chiffres tout d’abord. Pendant cette première quinzaine d’octobre au Parc des Expositions de la Porte de Versailles à Paris, les organisateurs ont enregistré 1 072 697 visiteurs. Un public qui se renouvelle (un visiteur sur trois n’était jamais venu au Mondial), qui rajeunit, et qui se féminise (un visiteur sur quatre est une femme et deux sur trois ont moins de 50 ans). A noter également, une forte progression des visiteurs de province.

Les constructeurs se frottent les mains

Si le nombre de visiteurs est en baisse pour le salon automobile le plus fréquenté au Monde, il n’en demeure pas moins que 93 % ont été très satisfaits de leur visite ce qui s’est ressenti chez les constructeurs puisque les prises de commandes et les contacts ont augmenté de près de 50 % par rapport à 2014. Il se dit même qu’un visiteur sur trois à l’intention d’acheter un véhicule dans les douze prochains mois. Et si après ce constat, le secteur de l’automobile, qui est l’un des fleurons de notre industrie, ne retrouve pas le sourire, je n’y comprends plus rien…


Les « stars » du Mondial

Dans huit pavillons d’exposition, soit 123 000 m2, plus de 200 marques étaient représentées et chacune a su mettre les petits plats dans les grands pour attirer les regards des passionnés d’automobiles. Les people et les politiques sont passés au Mondial, mais rien ne dit qu’ils ont pour autant cassé leur tirelire. Les mauvaises langues vont même jusqu’à dire qu’ils sont repartis avec un petit cadeau ou plutôt qu’ils se le feront livrer…

Bref, de pavillon en pavillon, et en toute objectivité, voilà mon « Top 10 » des « stars » du Mondial 2016. Derrière celle vers qui tous les projecteurs étaient tournés : la Ferrari Aperta, honneur aux voitures françaises avec en premier lieu la Peugeot 3008, puis la Citroën C3, la Renault Koleos. J’ai également apprécié les nouvelles versions des Japonaises Honda Civic et Nissan Micra, la Renault Clio stylisée, les trois SUV du groupe allemand Volkswagen : l’Audi Q2, la Skoda Kodiaq et la Seat Ateca.

Chaque marque met un point d’honneur à montrer un concept-car et parmi les plus étonnants j’ai admiré la Volkswagen ID, la Renault Trezor, la Vision Mercedes Maybach, la BMW X2, et la Citroën CXpérience.

Les SUV ont la cote


A en croire les constructeurs, les SUV (abréviation de l’anglais Sport Utility Vehicle) ont la cote, mieux même ils font rêver. A Paris, cette année, plus de la moitié des marques ont présenté ce pseudo 4X4 et la bataille s’annonce féroce dans ce secteur à l’image de ce que vont vivre les grands groupes de l’intérieur. En effet, nombreux sont les propriétaires de berlines et de breaks traditionnels à lorgner du côté des SUV.

Prenez par exemple le duel entre Renault (Koleos, Kadjar) et Nissan (Qashqai, Juke, X-Trail) sans oublier le Duster de chez Dacia, BMW (X1, X3, X4, X5, X6) et Mini (Countryman), et au sein du groupe allemand Volkswagen : Audi (Q2, Q3, Q5, Q7), Skoda (Kodiaq) Volkswagen (Tiguan, Touareg) Seat (Ateca).

Et si l’électrique rentrait dans les mœurs !


Dans un monde de l’automobile qui est en pleine mutation car, bientôt, vous ne conduirez même plus votre voiture car chez c’est elle qui vous emmènera chez le boulanger de « son » choix… le véhicule électrique, qui a dépassé 1 % du marché en 2015 (près de 18 000 en 2015 contre environ 200 en 2010), intrigue.

Les constructeurs crient hauts et forts que dans les dix années à venir l’électrique sera partie prenante dans les négociations au même titre que le thermique. Encore faut-il que ces derniers jouent le jeu et aient matière à tenir la route.

Si Toyota a été un des premiers à emboîter le pas (en 1997 avec la Prius hybride et une autonomie de moins de 100 kilomètres), aujourd’hui les constructeurs français et allemands s’y intéressent de plus près. Reste la position des acheteurs. Il est vrai que l’on annonce des bonus alléchants, mais le véhicule, ne soyons pas dupe est surcoté à l’achat.
Alors, si vous voulez acheter un véhicule électrique qui, de nos jours, possède des capacités pouvant aller jusqu’à 300-400 kilomètres, il faut vous tourner bien évidemment vers Toyota, mais également consulter Renault avec la Zoe (la plus vendue en France et en Europe), Volkswagen avec les e-Golf et e-Up, la Nissan Leaf (la plus vendue au monde), Tesla et le Model S, la Peugeot iOn, la BMW i3, la Kia Soul EV, la Bolloré Bluecar, les Citroën C-Zéro et e-Méhari, et l’Opel Ampera-e..

A l’heure de la mobilité partagée, les absents ont-ils eu tort ?

A l’heure où les exposants parlent de plus en plus de solutions d’auto-mobilité pour l’avenir en propriété, en partage, en LOA (location avec option d’achat), en hybride, en thermique, en électrique, force est de constater que certains constructeurs, et non des moindres, comme Ford, Volvo, Mazda, Lamborghini, Bentley, Roll Royce, Aston Martin, Bugatti n’ont pas souhaité s’afficher Porte de Versailles.

Que faut-il en déduire ? Un investissement qui n’est pas à la hauteur des retombées. Une nouvelle stratégie de la marque. La présence au Mondial qui n’est plus un déclencheur de ventes, de bonnes affaires ou tout simplement Paris qui souffre de son image de marque comme beaucoup de salons après les incidents du 13 novembre 2015…

A vous de juger, mais Paris restera Paris et le Mondial aura bien lieu en 2018 même s’il se dit qu’il devrait durer moins de quinze jours.

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