L’art dans la peau
Propos recueillis par Rodica Iliescu
La plus ancienne trace de tatouage sur un homme a été découverte en Italie ; ce tatoué aurait vécu 3500 ans avant JC et arborait des dessins sur les lombaires et les jambes. Otzi, l’homme des glaces, porte sur lui 61 tatouages qui sont bien plus que de simples ornements ; ils pourraient avoir eu une fonction alliant esthétisme, symbolique et médecine.



Davide Pascarella, l’art dans la peau
Longtemps considéré comme un caprice mineur de la mode, le tatouage est en train de glisser de la sous-culture au luxe suprême, car « totalement inutile au sens fonctionnel, il se révèle profondément artistique ». À seulement 33 ans, Davide Pascarella s’impose comme maître de cérémonie des artistes qui octroient à l’art du tatouage ses lettres de noblesse.

Entre Rome et Florence, Davide a toujours baigné dans l’art sacré. Dès 15 ans il se passionne pour le tatouage qui deviendra, au fil des années, sa véritable vocation, mêlant technique, sensibilité et réflexion sur l’identité. Caravaggio et
Artemisia Gentileschi, Le Bernin et Michelangelo, présents depuis toujours dans son univers, seront ses Maîtres d’Art, dont il s’inspirera avec une capacité rare à comprendre et à transcrire.


Une virtuosité technique hors du commun
Sa formation en peinture et sculpture en Italie demeure un héritage précieux, qui nourrit et sublime une virtuosité technique hors du commun. De nombreux voyages et collaborations internationales lui permettent de se forger une solide réputation, de New York à Amsterdam, de Londres à Los Angeles ou Berlin.
Mais c’est à Paris, capitale ultime de la créativité et du luxe, que David choisit d’offrir un vrai écrin à son talent. Entre deux avions, Davide a eu la gentillesse de nous accorder un moment de confidences, dans le lounge du Bulgari, son
point de chute parisien préféré.


- Davide, pourquoi le tatouage ?
En Italie, nous avons une très profonde tradition du tatouage. Les Italiens sont les Européens les plus tatoués : environ un tiers de la population. Pour être tatoueur, il faut suivre des cours très sérieux et encadrés, dans les
universités ou académies dédiées, sous l’égide des ministères de la Culture et de la Santé. En ce qui me concerne, j’ai ressenti très tôt le besoin de partir à la rencontre de l’Humain, d’inscrire mon art à même sa peau, comme un habit sur mesure, une œuvre unique révélatrice de son identité. - Ses œuvres respirent la Renaissance italienne. Boticelli, Raphaël, mais aussi animaux, sujets mythiques, portraits… On y retrouve des références sacrées, le nombre d’or, des contrastes dramatiques et une incroyable finesse du détail. Mais aussi de la modernité et une invitation à la contemplation. Avec, comme but absolu, la beauté.Dans les rues de Paris, on commence à reconnaitre ses œuvres au premier regard. Comme on reconnaitrait la griffe de Karl Lagerfeld, ou bien de Dolce & Gabanna, ses maîtres en élégance. Quel meilleur hommage que cette reconnaissance visuelle d’un style, d’une signature indélébile ?…Le secret ? La sincérité et le gout de l’excellence, la rigueur et la liberté d’un poète !…
- Quels sont vos projets ?
Dans un futur proche, je voudrais intégrer mes créations au calendrier off de la Fashion Week de Paris. Présenter mes tatouages comme on dévoile une collection. Un défilé de pièces uniques, où chaque tatouage exprime non pas un look, mais une identité, un style. Une nouvelle forme d’art, de haute couture, où la peau devient une toile vivante.
Elogié par Forbes, considéré comme un des meilleurs tatoueurs du monde, Davide Pascarella fera partie du jury 2 de l’International Lille Tatoo Convention 2026.

Propos recueillis par Rodica Iliescu
À découvrir au 6 rue Quincampoix, 75004 Paris
Tél. 07 68 42 67 52
@davide_pascarella