« Mémoires d’Exil » dans les Pyrénées-Orientales

Frontalier avec l’Espagne, le département des  Pyrénées-Orientales a vécu  des épisodes d’accueil, souvent forcé, de populations meurtries, mais aussi d’aide à leur survie. Notamment ceux liés à la guerre d’Espagne. La Mémoire de ces douloureux événements rentre enfin dans l’espace public. C’est une mémoire en train de grandir. Il fallait que le temps  passe pour ne pas  raviver des exils entachés de souffrance, ne pas blesser davantage  vivants et survivants.

Petit à petit la parole des exilés et des accueillants se libère.

Stèle mémorial Argelès ADT66

Préserver cette Mémoire d’Exils pour les générations futures est important.  Le département des Pyrénées Orientales peut s’honorer d’avoir une vraie dynamique culturelle et mémorielle à cet égard.

Le Chemin de Mémoire proposé  

Il traverse différents lieux du Département  des Pyrénées-Orientales. Argeles- sur-Mer, Collioure, Rivesaltes.  Une percée en Espagne, dans le village de La Jonquera  proche de la frontière française.  Etapes toutes incontournables.

Grégory Tuban Historien spécialiste de la Retirada ADT66

Bref rappel historique  de la « Retirada »

La « Retirada », c’est l’exode lié à la guerre d’Espagne de 1936-1939. Ce conflit,   prélude à la 2ème guerre mondiale, a laissé des traumatismes lourds dans les populations.  

En 1936 le Front Populaire gagne les élections espagnoles. Mais une coalition révolutionnaire armée se soulève contre la jeune République.

Lorsque la guerre d’Espagne s’internationalise avec le soutien d’Hitler et de Mussolini, la dictature franquiste prend de la vigueur. Elle durera 40 ans jusqu’à la mort du Caudillo en 1975

Le département des Pyrénées Orientales voit arriver des milliers de réfugiés.  Des camps d’hébergement sont érigés à la hâte sur le littoral. Le 1er sera celui d’Argelès, suivi par Saint-Cyprien et Le Barcarès.  Camps gardés par des gardes mobiles à cheval, tirailleurs sénégalais, spahis.

500 000  exilés  alors que le Département ne compte que 240 000 habitants ! Cela ne pouvait se faire sans difficultés.

La transition vers la démocratie s’organise à la fin du conflit  et les 2/3 des espagnols exilés rentrent au pays.

Mémorial du Camp d’Argelès- sur- Mer

Argelès-sur-Mer,  première plage du littoral  à accueillir des milliers de réfugiés espagnols. Les argelésiens n’oublient pas la douloureuse « Retirada ».

Les  anciens communs du Château de Valmy,   œuvre de l’architecte danois devenu Catalan, Petersen, ont été rachetés par la mairie. Il accueille le Mémorial du Camp d’Argelès.   

Interieur Mémorial Argelès ADT66

L’internement au quotidien est proposé au visiteur.  Vestiges des camps, photographies sur l’exode.  Vie dans ces  espaces  entourés de  barbelés.

Un monolithe campé  sur la plage, symbolise les baraquements  dressés à perte de vue.

Le « Cimetière espagnol » a inscrit les noms des morts de l’exil. Réfugiés espagnols,  juifs et brigadistes internationaux.  Modeste pierre tombale. 

La Maternité d’Elne,  une enclave de paix  aux portes des camps

Maternité Elne archives ADT66

Elisabeth Eidenbenz,  fille d’un pasteur protestant,  de nationalité  suisse, a créé et fait fonctionner une m

Maternité Elne exterieur ADT66

aternité  de 1939 à 1944.  Fermée par les allemands en 1944, elle a vu naitre plus de 500 enfants. Généreuse attitude louée par toutes ces femmes exilées et  futures mères.

Le Château d’Elne dessiné par l’architecte danois  Petersen,  construit pour la fille d’un industriel perpignanais,  fabricant de papier à cigarettes, a servi d’abri.  

Racheté par mairie, le Château est aujourd’hui un lieu d’expositions temporaires sur le thème des femmes et enfants en  exil.

 

Le  Museu  Memorial de l’Exili  (MUME)

La Jonquera,  petit village frontalier avec la France, Province de Gérone, est le lieu de passage obligatoire de l’exil. Dans son Musée flambant neuf, la dimension universelle de l’exil est richement traitée.   Construit en cœur de ville sur un espace réduit, il représente une  prouesse technique de la part de  l’architecte  catalan.

Musée de l’Exil La Junquera ADT66

La Diaspora républicaine espagnole dispersée dans  le monde,  les pays d’accueil des exilés, sont expliqués. Donations d’objets personnels des descendants d’exilés.  Films,  objets, photographies. La guerre d’Espagne a été très photographiée par de grands talents : Robert Capa, Pere Catala… Photos emblématiques montrées.

Réflexion sur les exils provoqués par les génocides et affrontements fratricides.

Le Château Royal de Collioure

Le château fort médiéval, campé en cœur de ville,  impressionne.  Egalement ses  magnifiques  casernes du 17ème siècle en voie de restauration.

Cachots en sous-sol humides et sombres. Ils ont servi de prison pour les  gradés, les officiers,  les fortes têtes.  Ils se visitent.

En exil  à Collioure, épuisé et malade, le poète espagnol  Antonio Machado  tant admiré,  repose  au

Collioure-fort-carre Wikipedia

cimetière de la ville. Sa tombe  représente toujours  un symbole pour les intellectuels au même titre que  celle du musicien  Pau Casals. Une exposition honore le poète dans une salle du Château.

Le Mémorial du Camp de Rivesaltes. Une  architecture réussie

Rivesaltes. Son histoire est unique.  Un lieu de mémoire  inoubliable. Internés, exilés, prisonniers y ont séjourné quelques jours, mois, parfois plusieurs années.

ancien baraquement mémorial Rivesaltes (c)ADT66

Conçu à l’origine comme camp militaire, le « Camp militaire Joffre de Rivesaltes »,    fut « Centre d’Hébergement » pour les Républicains espagnols, les Juifs étrangers, les Israélites  avant la déportation à Auschwitz,  les Tsiganes.  Tous « indésirables ».  Plus tard,  après la guerre d’Algérie en 1962-1964 les Harkis et leurs familles.

Il fut aussi camp d’internement des prisonniers de guerre allemands entre 1944 et 1948.

Il a reçu des milliers de personnes de différentes nationalités et   cultures. Cette mémoire est aujourd’hui  honorée par un très beau Mémorial.

Mémorial Rivesaltes ADT66

Inauguré le 16 octobre 2016,  le bâtiment  possède  une force exceptionnelle. Les architectes,  Rudy Ricciotti,  associé au Cabinet Passelac & Roques  de Narbonne, ont fait surgir de la terre cette surface sobre, en béton ocre,   partiellement enfouie.   

Il fallait ensuite rendre le lieu vivant,  décloisonner les points de vue,  utiliser cette matière mémorielle et en faire un  lieu de réflexion sur le thème de l’exil.

Dirigé par un Conseil Scientifique, c’est un lieu d’échanges. Colloques,  spectacles,  « Nuit du Mémorial » conviant une personnalité  du monde politique ou des arts.

Salle d’expositions permanentes, d’expositions temporaires,  un centre de documentation,  un auditorium,  mais aussi une  résidence d’artistes.

L’avenir de ce Mémorial s’écrit en ce moment.

Geneviève Guihard

Carnet de Voyages

Agence de Développement Touristique des Pyrénées-Orientales

www.tourisme-pyreneesorientales.com

Tel : 04 68 51 52 53

Le Mémorial du Camp de Rivesaltes

www.memorialcamprivesaltes.eu

Tel : 04 68 08 39 70

Le MUME à La Jonquera

www.museuexili.cat

 

 

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Une pensée sur “« Mémoires d’Exil » dans les Pyrénées-Orientales

  • 10 juillet 2017 à 0 h 39 min
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