Minorque : la belle méconnue

L’île de Minorque fait partie de l’archipel des Baléares. Bien que moins connue qu’Ibiza et Majorque, Minorque est la destination idéale pour les familles et pour ceux qui fuient la foule.

En effet Minorque est encore préservée du tourisme de masse. Si par endroits la côte n’échappe pas à quelques constructions, la plus grande partie de la côte de Minorque est encore sauvage.

Cala Galdana
Cala Galdana

Les amateurs de belles plages seront servis. Vous aurez le choix entre grandes plages de sable blanc ou petites criques. Minorque est, depuis 1993, déclarée en tant que réserve mondiale de la biosphère par l’Unesco. Minorque c’est aussi un patrimoine historique riche avec ses forteresses anglaises et espagnoles et dense avec ses 1600 monuments mégalithiques.

Mao Photo B.Charton

Située à l’est, Mao ou Mahon est la capitale de Minorque. Construite sur une falaise elle domine de ses cinquante mètres l’un des plus grands ports naturels au monde. Selon les minorquins ce serait le deuxième plus grand port naturel après celui d’Honolulu à Hawaï. Il semblerait qu’il ait été fondé lors des Guerres Puniques par le frère d’Hannibal, le général carthaginois Magon. L’embouchure du port est protégée par une formidable forteresse. En effet la position géographique de Minorque a été de tout temps un enjeu stratégique. Qui tient Minorque tient sous sa coupe les routes commerciales de la méditerranée occidentale. Les romains développent le port de Magonis puis en sont chassés par les vandales. Les byzantins puis les Sarrasins sont ensuite maîtres de l’île. Lors de la Reconquista les troupes d’Aragon reprennent Minorque au 13ème siècle. Les fortifications sont renforcées en 1346. Les corsaires turcs de Barberousse rasent cependant la ville en 1534 et envoient la population en esclavage.

Le meilleur moyen pour découvrir Mao et son port est de faire un tour en bateau. A l’embouchure du port se dresse deux formidables forteresses. A tribord (donc à droite) en sortant du port, le fort de Marlborough construit par les britanniques entre 1710 et 1726. En partie creusé dans la roche il semble inexpugnable. Pourtant les troupes française de Richelieu s’en emparent en 1756 et restent sur l’île jusqu’en 1763. Le fort repasse entre les mains espagnoles avant de nouveau être repris par les anglais. Minorque revient définitivement à la couronne d’Espagne par le traité d’Amiens en 1802. Les espagnols détruisent une grande partir des fortifications anglaises. Quelques années plus tard, en 1850 il est décidé de reconstruire une forteresse. Ce sera la Mola (appelée aussi  la forteresse d’Isabelle II ) qui fera face au fort anglais de l’autre côté de la baie. Il faudra 25 ans pour la construire; elle coutera une somme astronomique. C’est aujourd’hui pour les amateurs d’histoire l’un des joyaux du patrimoine historico-militaire, de surcroit dans un site naturel où il fait bon se promener. C’était le passage obligé pour les voyageurs qui étaient mis en quarantaine avant de pouvoir fouler le sol espagnol.

La Mola Photo B.Charton
La Mola Photo B.Charton

Minorque est internationalement connue pour ses plages de rêves; vous aurez le choix entre ses 70 plages. Petit conseil; toujours sur une île savoir le matin d’où souffle le vent afin de choisir la côte abritée. Certaines plages se méritent; il faut garer la voiture et marcher. La cala Pregonda située au nord est un petit coin de paradis. De surcroît vous serez presque seul. Du parking il vous faudra une petite demi-heure de marche à pied. Mais après l’effort le réconfort; nager dans une eau limpide, propre et sans voisin est un grand plaisir. La vue panoramique sur la cala Galdana est de toute beauté.

Côte sud vue du catamaran Photo B.Charton
Côte sud vue du catamaran Photo B.Charton

Le petit village de Binibèquer était un village traditionnel de pêcheur; on y voit encore quelques barcas. C’est aujourd’hui un village touristique mais qui a su conserver un charme certain avec ses ruelles étroites où l’on se perd facilement. Ses petites maisons aux balcons de bois sculptés d’une blancheur étincelante contraste avec le bleu de la mer. On remarquera les nombreuses cheminées typiquement minorquines.

Binibequer Photo B.Charton
Binibequer Photo B.Charton

Minorque ne peut égaler Ibiza  en ce qui concerne la vie nocturne. Cependant il y a quelques endroits atypiques qu’il ne faut en aucun cas rater. La grotte Cova d’en Xoroi est située dans une falaise au sud de l’île. Il faut y venir boire un verre et admirer le coucher de soleil. Ensuite la grotte se transforme en une immense boîte de nuit.

Cova den Xoroi Photo B.Charton
Cova den Xoroi Photo B.Charton

Le centre historique de l’ancienne capitale Ciutadella  est un petit bijou. Tout autour de la place  d’Es Born et de la Cathédrale se dressent de superbes Palais appartenant à l’ancienne aristocratie. On peut citer les Palais de Martorell et Vigo datant du 18ème siècle, ceux de Salaort et d’Albas. La façade à logia du Palais des comtes de Saura est superbe. La vieille ville est classée patrimoine historique.

A proximité de Ciutadella se trouve l’un des monuments préhistoriques datant de 1500 avant J.C.; la Naveta des Tudons.

La Naveta des Tudons Photo B.Charton
La Naveta des Tudons Photo B.Charton

Ce serait l’une des constructions intactes les plus anciennes en Europe. Il s’agit d’un monument funéraire avec deux pièces qui servait de tombes collectives. Sa découverte ainsi que sa restauration datent des années 50.

Guide Pratique:

http://www.illesbalears.es/fra,   http://www.spain.info/fr_FR

S’y rendre: Vueling  www.vueling.com/fr

Bibliographie:

Guide de Voyage: Baléares  petit futé et guide du routard

Livres: Histoire du Moyen Âge (Perrin), Histoire du Monde (Ed Perrin), Les 1001 batailles qui ont changé le cours de l’histoire (Flammarion)

BD:  Maxence  (Le Lombard), Saladin ( Ed Glénat), Jhen: les Portes de Fer( Ed. Casterman), Le Bourreau (Delcourt), Le Dernier Cathare (Ed Glénat)

Jeux de stratégie: Hearts of Iron IV (Paradox), série des Total War: Rome II, Wars of Napoleon (Matrix)

 

 

 

 

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