Fragments d’Arménie à Valence 

Texte Martine Guilcher

La France abrite la plus grande diaspora Arménienne d’Europe occidentale. A Valence commence « l’Ailleurs » pour 10% de la population. Communauté très intégrée, elle n’en reste pas moins marquée du sceau de ses origines.

Valence – La Mère et l’Enfant – Toros (c)LPascale-LaDromeTourisme

A l’automne 2020, en pleine guerre au Haut-Karabakh, le soutien des Valentinois était visible à l’œil nu. On pouvait voir le drapeau arménien, orange, bleu et rouge pavoiser aux fenêtres. Ici, chaque conflit ravive les blessures des descendants et vétérans du génocide de 1915. Les images des ravages des bombes à fragmentation et des drones qui circulaient sur les réseaux sociaux, ont rappelé à chaque membre de la diaspora et dans sa chair, ses racines. Ce qui fait dire à David Sinapian, le mari et responsable Marketing d’Anne Sophie Pic : « Vous savez les Arméniens n’ont pas encore grand-chose à voir entre eux. Ce sont les drames, les tragédies qui nous ramènent à nos origines. Mon fils m’interroge beaucoup, il a du mal à comprendre qu’on soit d’origine arménienne mais pas de l’Arménie d’aujourd’hui, moi-même j’ avais du mal à comprendre. Ma grand-mère est née à Constantinople. » 

La France, une terre d’asile

La majorité des rescapés du génocide débarque à Marseille dans les années 20,après un séjour dans des camps de réfugiés au Moyen-Orient ou au proche Orient. A l’époque le mot génocide n’existe pas, il sera créé en 1940. Pour ce peuple chrétien persécuté, notre pays est une terre promise.

(c)LaDromeTourisme

Au lendemain de la guerre, la France manque de main d’œuvre. Le cadre industriel va fixer la diaspora qui remonte le Rhône et s’arrête pour travailler dans les filatures de Valence.

Naissance de « la petite Arménie »

Le quartier de « la petite Arménie » (Haïnots) voit le jour en 1923. En grande partie détruit par la seconde guerre mondiale, il conserve néanmoins des institutions historiques comme le traiteur Georges, et rue d’Arménie, le restaurant Sassoun (du nom d’une ville turque qui fut arménienne). Son voisin Noushik, n’a ouvert sa pâtisserie que depuis 2 ans.  A un jet de pierres, la poignante sculpture de Toros à la mémoire du génocide arménien rappelle que Valence l’a reconnu en 1985, seize ans avant la France qui attendra 2001.

Le Rendez vous-Toros (c)L.Pascale-La DromeTourisme

Place Manouchian, un autre monument commémoratif célèbre le héros de la Résistance Missak Manouchian. A quelques pas, Erevan shop, ouvert en 2020, expose en vitrine, dans des flacons en forme de Kalachnikoff, l’emblématique cognac Ararat, que Staline a offert à Churchill lors de la conférence de Yalta ( Churchill en commandera par la suite tous les ans). Le symbole est multiple car le Mont Ararat, où serait arrivé l’Arche de Noé, n’appartient plus à l’Arménie qui a rétréci au fil des conflits. Chassée de l’Empire ottoman, sa population, interdite de retour par Attaturk, vit sur un territoire de l’ancien Empire russe. Pour bien comprendre l’histoire et la géographie de ce pays grand comme la Belgique, il est vivement conseillé de plonger dans le passionnant CPA.

Le Centre du Patrimoine Arménien

Le Centre du Patrimoine Arménien, dont le toit terrasse donne sur la place Aznavour, offre une immersion captivante dans le passé recomposé en vagues successives de ceux qui doivent leur survie à l’exil. Et qui tisse ce lien indissoluble entre tous les membres de la diaspora.

2018 – Le Cpa, expo permanente – J. Delmarty

On y découvre à grand renfort de témoignages et documents d’archives pourquoi l’Arménie d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier. Pourquoi, ce qui fut un immense royaume n’a cessé de se fragmenter. Et pourquoi à Valence, la grande et la petite Histoire se croisent. En sortant vous comprendrez mieux aussi pourquoi la cuisine arménienne mixe boreks et bortsch. Elle accommode les restes d’influence méditerranéenne, survivance de l’époque ottomane et géorgienne (russe)… Le cœur et le ventre des Arméniens bat au rythme de cette mosaïque qui fonde leurs racines.

2018 – Le Cpa, expo permanente – J. Delmarty

Pratique :

Où dormir?

VALENCE HOTEL VICTORIA 4*

Très agréable et situé face à la gare

http://www.hotel-victoria-valence.fr

Se renseigner

Valence Ville d’art et d’histoire : le service propose des visites guidées sur la thématique «Haïnots ou La petite Arménie » : visite des quartiers arméniens, suivie d’une dégustation de spécialités arméniennes

http://www.valence.fr/fr/re-decouvrir-la-ville/ville-d-histoire-s/histoire/hainots-petite-armenie.html

Rubrique hebdomadaire « Papier d’Arménie » dans le Dauphiné Libéré de Valence

https://www.armeniandiaspora.com/august-2011-a/263062-les-25-ans-de-papier-darm-nie.html

Agence de Développement Touristique de la Drôme
8 rue Baudin – BP 531 – 26005 Valence cedex
Tél. : +33 (0)4 75 82 19 26 – Fax : +33 (0)4 75 56 01 65
www.ladrometourisme.com

 

Le Cpa – Centre du Patrimoine Arménien de Valence

Le centre du patrimoine arménien de Valence est une institution à vocation culturelle ainsi qu’un musée qui propose régulièrement des expositions en rapport avec la culture arménienne. 

14 Rue Louis Gallet, 26000 Valence

Tél. 04 75 80 13 00

www.le-cpa.com

Radio A (radio Arménienne)
http://radioa.net/contact

Où se régaler de spécialités Arméniennes?

SASSOUN

Restaurant arménien

8 rue d’Arménie

04 75 56 22 99

Fine cuisine libanaise et arménienne, servie par un jeune couple Arménien dont l’histoire d’amour a vu le jour sous le toît de ce restaurant avant le départ des anciens propriétaires arméniens eux aussi.

TRAITEUR GEORGES

Épicerie fine, produits du Proche et Moyen-Orient

12, Grande-Rue
26000 Valence

Tél. 04 75 60 93 98

EREVAN SHOP

76 RUE MADIER de MONTJAU – VALENCE

L’épicerie fine propose des produits d’Arménie avec du lavache le pain arménien, des confitures Noyan « made in Armenia », la célèbre eau minérale Jermuk (Tchermouk), les bières dont la célèbre Kilikia, des vins « Armenia », « Areni », du cognac etc

Merci par avance de votre soutien :

Martine GUILCHER

JOURNALISTE PRINT ET WEB (Carte de presse n° 62050) Elle aime les doubles casquettes et les doubles expertises : 25 ans dans les domaines du Voyage, de l’Art de vivre et du Bien-être 10 ans dans le domaine de la psychologie, l’éducation et la consommation Elle aime surtout découvrir l’ici et l’ailleurs d’où sa spécialité dans le tourisme en France comme à l’étranger depuis un quart de siècle. Et ce n’est pas fini, après avoir multiplié les collaborations ; Femme actuelle, Notre Temps, Rebondir, Avantages, Grands Reportages, Télé Loisirs, France Soir etc, elle a été responsable pendant 9 ans de la rubrique « Carnets de Route » du Moci (Moniteur du Commerce International) et géré pendant 7 ans les rubriques Tendances Voyages du magazine Newzy, puis s’est expatriée au Maroc où elle a été responsable des pages « Tendance » Voyage, déco, gastronomie de l’hebdomadaire actuel. Depuis son retour, elle poursuit l’aventure avec Prestige ‘S , Gault&Millau et …

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