Katmandou, mystérieuse, mystique et attachante
Texte et photos François Millo
Nichée à mi-hauteur de ce gigantesque escalier qu’est le Népal, Katmandou est une ville mystérieuse, mystique et attachante.
Au fil des générations, la vallée de Newar, entre zone tropicale et sommets du monde, a vu défiler envahisseurs et civilisations. Entre vestiges historiques, traditions et modernité naissante, la ville baigne dans une agitation ancienne. Moines bouddhistes et voyageurs alternatifs s’y croisent encore, tandis que la pauvreté, bien présente, est souvent atténuée par une solidarité visible, notamment dans les ashrams.
Il faudrait bien plus pour raconter Katmandou : voici une simple évocation.

Au croisement de deux plaques tectoniques
Le Népal se situe à la rencontre de deux plaques tectoniques qui se rapprochent d’environ 2 cm par an. Cette pression élève les montagnes et provoque de fréquents séismes, comme celui de 2015. Chaque année, la mousson, bloquée par l’Himalaya, déverse des pluies abondantes qui façonnent les paysages mais compliquent les déplacements.


L’histoire agitée de la vallée de Katmandou
Dès le 10e siècle av. J.-C., des peuples nomades s’installent dans les zones fertiles. La vallée de Katmandou, alors Kantipur, est dominée par les Kirati puis par diverses dynasties, avant une période plus stable sous les Newar au 13e siècle.
Au 18e siècle, Prithvi Narayan Shah unifie les royaumes. Mais dès 1814, les Britanniques stoppent l’expansion du pays, qui se replie sur lui-même pendant plus d’un siècle. L’ouverture débute au 20e siècle, avec une première élection en 1959. Cependant, la fin du siècle est marquée par une guerre civile maoïste. En 2007, après de fortes contestations, la démocratie est finalement rétablie.

Kantipur, l’ancienne cité Newar est devenue Katmandou, la ville aux 100 000 temples
De larges avenues aux ruelles étroites, la circulation y est chaotique et vivante. Les bâtiments modernes côtoient rapidement temples et façades en bois sculpté. Malgré une certaine réserve, les habitants offrent des moments de chaleur humaine qui participent au charme de la ville.
Le quartier de Thamel est un labyrinthe animé où l’on trouve artisanat, épices et équipements de trek. Les cafés invitent à découvrir bières locales, lassi ou thé masala.
À proximité, Durbar Square rassemble temples et palais, marqués par le séisme de 2015 mais toujours majestueux. On y observe le mélange d’hindouisme et de bouddhisme, ainsi que la tradition vivante de la Kumari, jeune déesse vénérée.
Le népalais est certes, avant tout montagnard et souvent assez réservé, mais échanger un regard bienveillant, croiser un groupe de moines ou entendre le rire d’un enfant de rue suffit à donner à Katmandou un charme étonnant.

De Katmandou à Patan
Un simple pont sépare Katmandou de Patan: c’est dans cette petite ville profondément bouddhiste que l’on rencontre un certain quotidien népalais teinté d’authenticité, des marchés en tous genres ou des échoppes d’artisans. Ce quartier, où les temples sont également très nombreux, reste imprégné de tradition newar.
Paschupatinath : à quelques kilomètres, Pashupatinath est un haut lieu hindou au bord de la rivière Bagmati. Les crémations s’y déroulent dans une atmosphère paisible et respectueuse, ouverte à tous
Bodnath : le stupa de Bodnath, immense et emblématique, attire une foule de pèlerins qui tournent autour en actionnant des moulins à prières. Le site, entouré de monastères et d’échoppes, invite à la méditation.

Bhaktapur : ancienne cité royale, Bhaktapur est un véritable musée à ciel ouvert. Temples, palais et ruelles témoignent du passé, tandis que l’artisanat reste très vivant : potiers, sculpteurs et commerçants perpétuent les traditions locales.
Bouddha est né au Népal
Au 6e siècle av. J.-C., Siddhartha Gautama naît près de Lumbini. Après son éveil, il devient Bouddha et fonde une pensée qui se diffuse dans toute l’Asie. Au Népal, bouddhisme et hindouisme coexistent souvent sur les mêmes sites.

L’Ashram Sri Aurobindo Yoga Mandir
Fondé dans les années 1990 par Ramchandra Das, cet ashram accueille des enfants des rues en leur offrant éducation et autonomie, selon la philosophie de Sri Aurobindo.
Aujourd’hui, près de 200 enfants y vivent. Une ferme biologique, des ateliers et une école assurent son fonctionnement. Le yoga y est central, et un centre de soins en ayurveda a récemment été créé. L’ashram accueille aussi des volontaires, dans un esprit d’entraide et de simplicité.

Deux autres centres de ce type ont été créés au Népal en 25 ans : l’un à Kolhuwa, dans les plaines du Teraï, et l’autre dans la région de Gulmi, sur les contreforts des Himalayas.
PRATIQUE
VOLS Plusieurs compagnies volent depuis Paris ou Nice vers Katmandou:
Air France et Emirates font escale à Dubai. L’aéroport est à une dizaine de km du centre mais il faut prévoir une certaine lenteur des contrôles.
RESIDER à Patan est une bonne solution. Guest house hotel : Cosy Nepal
ou bien sur Bahktapur: hôtel Heritage.
SE RESTAURER les restaurants ne manquent pas. Coup de cœur : Baithak restaurant au centre ville