Savines-le-Lac, la fabrique d’un nouveau territoire

En Région Provence-Alpes Cote d’Azur,  le Département des Hautes-Alpes a vécu au 20ème siècle, une épopée peu ordinaire liée à la construction du barrage de Serre-Ponçon.

 Ce chantier pharaonique a eu son heure de gloire et alimenté le rêve des années dites des Trente Glorieuses.

Proche de Gap, d’Embrun, du Parc National des Ecrins, ce barrage a englouti dans ses eaux les vieux villages  de Savines, Ubaye, et quelques petits hameaux. Trois églises, une gare, des voies ferrées, des routes. Ce fut un traumatisme pour les habitants.

Construit en terre sur le lieu dit de Serre-Ponçon, « serre » signifiant petite colline,  il est toujours le plus grand d’Europe selon cette technique.

Il fallait maitriser et dompter  la Durance capricieuse et fougueuse, mais aussi fabriquer de l’énergie pour la Provence,  irriguer les champs de ce territoire très agricole. 

La technique de construction « en terre »

Indispensable  dans cette région sismique, la technique en France n’était pas maitrisée. Aux Etats-Unis,  elle l’était. Techniques et engins importés des Etats-Unis ont permis la réalisation de cet ouvrage,  dont la  construction a demandé énormément de main d’œuvre et fut un vrai spectacle.

Démarré en 1955,  le barrage a nécessité quatre ans et demi  de travaux.  Six mois de remplissage  en eaux tumultueuses de la Durance et de l’Ubaye. Une Balade en zodiac de location permet de deviner, sous les eaux,  les traces des voies ferrées,  routes, églises et la gare de Prunières, dynamitées avant leur noyade. Seule survivante,  la Chapelle Saint-Michel du 12ème siècle,  petit ilot gracieux et emblématique,  émerge au milieu du lac. Oiseaux et surtout mouettes y ont trouvé refuge.

Aujourd’hui  Serre-Ponçon, véritable Success Story

©veronique hamel

Cet immense réservoir  aux eaux bleues, étiré sur 28 km, est devenu un haut lieu du tourisme nautique. C’était  impensable au départ.  

Ports de plaisance,  plages pour  baignade, camping à fleur d’eau,  randonnées… cette destination nautique  n’était pas dans l’esprit des  bâtisseurs.

Le maire de la nouvelle Savines-le-Lac, Victor Bérenguel,  gaulliste social, se bat avec énergie et inventivité pour la notoriété de son jeune village de 1200 âmes.  Les  3 labellisations qualitatives obtenues font sa fierté. Pavillon BleuStation Verte et Patrimoine du XXème. Bientôt une Capitainerie va accueillir les plaisanciers occupant les nombreux anneaux au Port.

Zoom sur un village reconstruit : Savines-le-Lac

Le vieux Savines, noyé, a été entièrement reconstruit  en bord de lac.   Style moderne,  celui des années 1960/1962.  Aux antipodes de l’ancestral style architectural.  Il fallait jouer à fond la carte de la modernité.  Baptisé Savines-le-Lac,  le village étonne  aujourd’hui par son allure désuète et datée des années 1960. Solides constructions dont les toitures se contredisent, formes géométriques apparentes (carré, triangle, cercle), tant  prisées  par l’architecte d’origine géorgienne, Achille de Panaskhet

Eglise, Mairie, Hôtel de Village, et pas Hôtel de Ville, Office de Tourisme,  HLM,  Maison de retraite,  Ecole et quelques  habitations cossues  dotées d’un confort appréciable  pour l’époque. C’est un village-rue de 1200 âmes. Traversé par une route nationale car la voiture était prioritaire. 

Le  Label Patrimoine du XXème 

©veronique hamel

Obtenu en septembre 2011, ce label est original pour un « Village »  qui n’est pas une « Ville Nouvelle ». Ce label englobe le Lac, le majestueux pont le  traversant aux piles indépendantes.

Un Centre d’Interprétation de l’Architecture et du Patrimoine a été récemment inauguré au bord du lac.  C’est un petit musée sur l’architecture  du XXème siècle, doté d’une médiathèque. Il se visite librement. 

Zoom sur un petit bijou d’art contemporain : l’Eglise Saint Florent

©veronique hamel

Inaugurée en 1962,  elle a belle allure. Campée sur son promontoire, en cœur de village, face  à la mairie.  Achille de Panaskhet, le Bâtisseur des Hautes Alpes, lui a consacré un soin particulier.

Amoureux des formes géométriques, celle du triangle, symbole de la Trinité, a été retenue. La nef semble ouvrir les bras au visiteur. Les vitraux lumineux en pâte de verre colorée, offrent  deux sillons  de lumière latérale, que la Maire de Savines-le-Lac, a eu la bonne  idée de souligner, dès la nuit tombée, par un éclairage spécial.

De l’ancienne église noyée  du vieux Savines, la croix  et le bénitier,  sauvés par le curé,  sont exposés dans le Baptistère adjacent. Comme un hommage rendu au passé.

Carnet de route 

Office de Tourisme de Savines-le-Lac

www.serreponcon-tourisme.com

Tel : 04 92 44 31 00

www.serre-poncon-tourisme.com

Promenade en zodiac ou bateau

www.outemotion.com

Tel : 06 65 11 13 68

Où dormir ? 

En bout de village, l’Eden-Lac, 2 étoiles, Logis, confort simple, piscine extérieure, restauration de qualité. Excellent petit déjeuner. Tarifs raisonnables.

www.edenlac.com

6 thoughts on “Savines-le-Lac, la fabrique d’un nouveau territoire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *