Arthur Rimbaud. Charleville-Mézières. 131 ans après… le poète est toujours vivant

C’est le 28 mars 2007 à Drouot que les dessins de Rimbaud enfant ont été adjugés à 320 544€ !
Un intérêt qui dure et perdure. Ce poète maudit ne cesse de passionner.
Les habitants de Charleville-Mézières étaient loin de se douter que le petit Arthur, né en 1854 allait devenir « leur » héros emblématique.

« Les ailleurs »
Fugueur, épris de liberté, flirtant avec les lignes rouges, une curiosité toujours en éveil, le besoin de
découvrir les « ailleurs », tous les« ailleurs ». Est-ce grâce à l’amitié qui lie Rimbaud à son professeur
de rhétorique Georges Izambard qu’adolescent il écrit déjà « les cahiers de Douai » confiés plus
tard à Paul Demeny ainsi que la « lettre du voyant »? Ce dernier, libraire-éditeur, est aujourd’hui un
poète oublié qui a dû sa notoriété à son amitié avec Rimbaud.
Pour le jeune poète, une vie trop courte qui n’en fut pas moins intense. Plusieurs fois il s’éloignera
de sa ville natale, souvent il y reviendra.


Arthur Rimbaud ? De l’ adolescent fugueur et révolté à l’aventurier.
Si l’on se fie aux récits de l’époque, le jeune Jean Nicolas Arthur Rimbaud vit au sein d’une fratrie de
5 enfants avec un père militaire très absent qui finira par abandonner sa famille. Sa mère les élèvera seule. Une éducation sévère et stricte qui n’empêchera pas Arthur d’être un révolté talentueux.
Il refuse l’ordre établie, est assoiffé de liberté tout en étant un élève brillant qui accumule les prix dont
le premier du Concours Académique. Ce sera sa « plume » qui va lui permettre de s’évader et de
sortir de l’étau des contraintes sociales. La poésie, voilà pour lui, le chemin de l’évasion, de la découverte et de l’expression.

Fresque tirée du poème « Ma bohème » ar­­­tiste Antoine Maquet, Crea­tive Color.

Arthur flirte avec la délinquance, il fuguera plusieurs fois, voyagera avec des titres de transports irréguliers, lors d’une autre de ses fugues il se retrouvera au commissariat.
Escapade à Paris pour rejoindre les communards et aussi entrer dans le cercle des poètes.

1871, Arthur découvre Paris, il a déjà écrit « le recueil de Douai » ou « Recueil Demeny ». Paris où son
chemin va croiser Paul Verlaine, quelle rencontre ! Sulfureuse, passionnée, tumultueuse, violente qui
se terminera par « le drame de Bruxelles ». Verlaine refuse que Rimbaud veuille le quitter. Cette
décision le rend fou, il tirera sur son amant par deux fois en le blessant légèrement ce qui lui vaudra
un incarcération.
Rimbaud retournera vers sa famille pour se retrouver avec lui-même et écrire « les illuminations » qui
seront éditées à titre posthume en 1895.

« Je redoute l’hiver parce que c’est la saison du confort » A.R.

L’inspiration poétique faiblit ou est-ce la motivation qui s’est étiolée ? Rimbaud s’envole vers
d’autres horizons à la découverte de…? L’Afrique, l’Europe, des pays inconnus où il s’exercera au
commerce et fera divers métiers.
Marseille sera son dernier port, sa dernière destination. Il y sera malade, sera amputé d’une jambe et
partira pour un éternel ailleurs en 1891.
Une citation du poète qui résume sa vie : « Je redoute l’hiver parce que c’est la saison du confort ».

Fresque 0phelie Crea­tive Color – Rue Michelet, face au cinéma multiplexe


Une journée sur les pas du poète
Le décor est planté dès l’arrivée à la gare : un buste de Rimbaud trône dans le square. Voilà qui déclenche la curiosité du visiteur qui veut en savoir plus. A quelques pas, un hôtel ,« Le dormeur du Val » où
les vers courent le long des murs.
Rimbaud en peintre du lettrisme!
Il faut suivre le poète à travers le Parcours éponyme. Une façon originale de découvrir à la fois le
cœur de la ville, de retrouver les poèmes, le musée, la maison natale… partager l’âme du poète.
Tout commence à la médiathèque avec la peinture murale « Voyelles», point initial des fresques qui ponctuent les murs de la ville. Pas de balisage, plutôt une incitation à musarder à travers les rues au gré
de son envie. Et, ça et là de nouvelles rencontres avec le poète.
Partez « musarder » à travers la ville.

Le Parcours Rimbaud

De « Voyelles » à « Ma Bohème », une rue calme et tranquille et hop une immense peinture murale sur
tout le pan d’un immeuble. D’une finesse extrême, romantique, sereine, un profil quasi parfait, mystérieux.

« Aube » texte issu des Illuminations. Artistes : Mehdi Amghar et Antoine Maquet


Ce parcours mériterait à lui seul tout un ouvrage Mais voilà……
Merci à Carole Marquet-Morelle directrice du Musée, qui, accompagnée d’Antonin nous a fait
découvrir cette magnifique promenade et redécouvrir certains poèmes oubliés !
En continuant le parcours sur les bords de la Meuse, une magnifique série de chaises poétiques : « Les
chaises-poèmes ». Sculptures contemporaines sur lesquelles un extrait de poème rimbaldien et
aussi de poètes français, belges, sénégalais, camerounais, algériens sont inscrits.. Un bel hommage à l’art poétique, à Rimbaud, à cette belle initiative de Charleville-Mézières.

Les chaises poèmes


Le cimetière Boutet, incontournable.
Pour clôturer ce parcours, le Cimetière s’impose. Bien que mort à Marseille, c’est ici, chez lui, que
repose Arthur Rimbaud. Comme son histoire et sa postérité ne tariront jamais, une boîte à lettre,
classique, et une tombe attirent encore et toujours de nombreux visiteurs. Pour finir en beauté ce
parcours, une phrase d’un visiteur anonyme : « Il représente la révolution, la révolte des jeunes, il est
toujours d’actualité ».
Et n’oubliez pas de laisser un courrier dans la boîte qui lui est destinée… Sait-on jamais ?

PRATIQUE Vous pouvez retrouver cet article et bien d’autres sur les Ardennes en suivant le lien : https://www.afjet.fr/carnet-de-voyage/
Se renseigner : https://www.charleville-sedan-tourisme.fr/ https://www.ardennes.com/

Evènements à venir : DU 14 AU 18 SEPTEMBRE, LE TEMPS D’M,  https://festival-marionnette.com/

Image de présentation : Poèmes d’Arthur Rimbaud

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