Corrèze : Le chemin des Dames de cœur.

De Simone de Beauvoir en passant par Coco Chanel, sans oublier Colette et la Pompadour. D’Uzerche à Aubazine en passant par Varetz, sans oublier la Cité du Cheval, suivez les traces de ces quatre conquérantes qui ont montré au monde qu’elles rêvaient en grand. Et qu’elles osaient vivre ces grands rêves ! Elles ont été d’une incroyable modernité pour leur époque, et n’ ont pas attendu le 8 Mars, journée de la femme, pour vivre en femmes libres. Voici en ces périphéries, et en quatre étapes,  des portes dérobées vers la puissance créatrice.

Uzerche : Simone de Beauvoir

Simone passera tous ses été, jusqu’à ses 21 ans en Corrèze dans la propriété familiale de Meyrignac chez son grand père, près d’Uzerche.

La Corrèze l’a beaucoup marquée. Meyrignac, c’était son petit paradis sur terre. Et le seul endroit où elle avait une chambre à elle. Un pur bonheur où elle va goûter à la liberté. « Dès que j’arrivais à Meyrignac, les murailles s’ écroulaient, l’horizon reculait. Je me perdais dans l’infini tout en restant moi-même. »

Uzerche-©Ramshorn /Corrèze Tourisme

 Simone, qui a appris à lire à quatre ans, fait la classe aux enfants de paysans l’été pour les initier à la lecture. En 1929, elle est reçue à l’agrégation en même temps que Jean Paul Sartre. Il est premier,  elle est seconde, à 1 détail près, qu’on néglige souvent, Sartre redouble, pas Simone. Elle va comme d’habitude passer l’ été dans la propriété de Meyrignac à Saint-Ybard. Elle continue de partir le matin avec un panier garni de pain, de fromage et de fruits, cette fois pour retrouver Sartre dans les prés toute la journée. C’est là qu’ils s’aimeront pour la 1ère fois. Toute la famille le sait, et se tait. A Meyrignac, jean Paul Sartre ne franchira jamais la porte devant laquelle il attend Simone.

Elle adorait Meyrignac qu’elle perdra à la mort de son grand père, mais les gens du coin disent encore la maison de Simone, en passant devant cette maison de famille, loin d’être figée dans les cendres du temps. A défaut d’être ouverte au grand public, elle croule toujours sous les glycines. On y aperçoit encore son joli parc planté d’essences rares, et à l’abri des regards indiscrets la madone devant laquelle on faisait prier les petits neveux et nièces pour tante Simone ! A deux tours de roue, voici la perle du Limousin, Uzerche classée plus beaux détour de France.

Uzerche-©Ramshorn /Corrèze Tourisme

Perchée sur une butte, elle surveille la Vézère couler à ses pieds et déroule en son cœur des rues pentues frangées d’hôtels particuliers du 16ème au 18ème, une abbaye bénédictine du 11ème siècle que surplombe un fier clocher typique de l’art roman limousin. Ici dans le haut de la vieille ville la médiathèque porte le nom de l’auteur de La Force de l’âge, mais c’est en bas, depuis la place de la petite Gare qu’on peut suivre le parcours littéraire sur 5km de sous-bois, au fil de l’eau et des panneaux dédiés à Simone.

Aubazine : Coco Chanel

Entre Brive et Tulle, l’abbaye d’Aubazine lève le voile sur un passé peu dévoilé par Coco Chanel. A rebours de la star, et de sa success story voici le terrain vague de son adolescence, où résonnent comme nulle part ailleurs ses sources d‘inspiration. C’est dans ce décor que grandit la petite orpheline, abandonnée par son père (avec ses deux sœurs).

Abbaye d’Aubazine©Malika/Corrèze Tourisme

Elle sera élevée de 12 à 18 ans dans l’épure d’une robe de bure. Gabrielle y apprendra la couture. Dans ce joyau cistercien du XIIème siècles, les religieuses se déplacent en noir et blanc, les petites pensionnaires portent l’uniforme noir et dorment dans un dortoir blanchi à la chaux vive. On retrouve au 1er étage les symboles au sol en pisé avec la fameuse étoile à 5 branches, le chiffre parfait pour les religieuses comme pour Chanel. On dit que les vitraux d’Aubazine ont inspiré le fameux logo de chanel. D’ailleurs pour le dernier défilé (en 2020), tout le staff de la maison Chanel est descendu à Aubazine pour reconstituer sous le toit du Grand Palais la fameuse abbaye, ses jardins sauvages, sa fontaine…

© /Corrèze T ourisme

On retrouve aussi le cloître, les fenêtres, les portes en bois reproduites chez elle à la villa Pausa de  Roquebrune, la maison construite selon son architecte comme un condensé d’Aubazine. La Villa Pausa a été rachetée récemment par la maison Chanel qui prévoit de l’ouvrir au public.

© Corrèze T ourisme

Elle reviendra toute sa vie furtivement à Aubazine munie de valisettes. Elle disait : « je m’arrête voir mes tantes », refusant selon sa meilleure amie de prononcer deux mots douloureux : mère et sœurs. Après ses passages l’abbaye profitait toujours de travaux de rénovation. L’icône de la mode la plus emblématique du siècle dernier, celle qui a libéré la femme du corset et qui a dicté sa légende apparaît aujourd’hui comme une météorite controversée. On connaissait son histoire d’amour « assumée », avec un officier des renseignements allemands au Ritz sous l’Occupation, on la découvre agent nazi, avec un indicatif, F 7124, selon l’ex diplomate et journaliste américain, Hal Vaughan qui a publié ”Coucher avec l’ennemi. La guerre secrète de Coco Chanel.”  De quoi méditer sur la nature humaine pour les pélerins de St Jacques de Compostelle que l’abbaye accueille.

Varetz : Colette la nature au bout de la plume.

A dix minutes de Brive La Gaillarde, les jardins de Colette se déploient comme une mosaïque de 5 hectares gorgée de souvenirs. Ils rendent hommage à celle qui fut aussi la châtelaine corrézienne de Castel Novel à Varetz où elle vécut une dizaine d’années avec son second mari Henri de Jouvenel. Elle en parle à ses amis : « Cet endroit, cette année, est fait pour nous. Personne, mille bêtes, une nourriture aussi simple qu’alliacée, un beau pays, du silence… Cette maison est faite pour vous. » C’est aussi là, que sa fille Bel Gazou grandira : «  Bel Gazou, fruit de la terre limousine ! Quatre étés et 3 hivers l’ont peinte aux couleurs de ce pays… »

Le cadre a été créé de toute pièce à partir de l’univers végétal de Colette qui aimait par-dessus tout, les jardins sauvages. Ils reproduisent en six tableaux, les régions où a habité la vagabonde avec ou sans sa mère Sido qui l’a initiée à la nature.

Jardins de colette©Corrèze Tourisme

1er tableau (1873-1891) : La Bourgogne.

Terre de son enfance avec le jardin d’agrément, le potager et son explosion de senteurs de verveine citron, menthe, cosmos chocolat, œillets d’Inde, roses et fruits rouges, c’est gourmand sa gouvernante écrivait : «  Mme Colette écrit mieux quand elle a bien mangé. » 

Second tableau (1900-1905) : la  Franche-Comté.

C’est le jardin de l’écriture de « Claudine à l’école » signé par Henri Gauthier Villars, alias Willy mais écrit par Colette déprimée des infidélités de son mari. Colette vit à Besancon. Elle va reprendre les rênes de sa vie et s’éloigner de Willy. Elle part en Bretagne.

3ème tableau (1910-1927) : La Bretagne.

Elle y écrira « le blé en herbe ». Après son divorce en 1910, elle passe des vacances à Saint-Malo. Ambiance bord de mer, bruyères, chardons, graminées, pins et bancs de granit. C’est l’époque du Music-Hall et sa rencontre avec Missy, riche héritière amoureuse de la romancière mais qui la laisse vivre son amour avec Henri de Jouvenel son second mari.

4ème tableau (1911-1923) : La Corrèze

Naissance de Bel Gazou, temps de maternité, on retrouve les distractions de la petite avec un poulailler et ses animaux rigolos, des jeux en bois XXL et des chênes centenaires.  

 5ème tableau (1926-1938) : la Provence

Jardin bleu lavande, couleurs et senteurs. Et dans la roseraie, la paix intérieure de de l’auteure. Elle vit à St Tropez. En 36 l’arrivée des congés payés va populariser la petite station et la faire fuir vers Paris.

Provence-Les jardins de Colette ©Corrèze Tourisme

6ème tableau (1938-1954) : Le Palais- Royal

Colette achète l’appartement de ses rêves au Palais royal. Elle ne sort plus de chez elle, perclue d’arthrite et d’arthrose, on la voit à sa fenêtre qui donne sur les jardins. Colette séparée d’ Henri a épousé Maurice son 3eme mari de 16 ans son cadet. C’est là qu’elle s’éteint un 3 août (1954), date anniversaire de Maurice qui lui aussi mourra, un 28 janvier (1873),  son jour de naissance à elle.

Palais Royal- ©Corrèze Tourisme

Férue de botanique, Colette, l’était aussi de papillons.

Le labyrinthe en forme de papillon géant, lui offre une ultime dédicace. Ce terrain de jeu pour les enfants à partir de 6 ans programme des animations et des manifestions tout au long de l’année. Les jardins offrent aussi un cadre idéal pour un pique-nique champêtre avec (ou sans) le traiteur « En cuisine », l’ un des meilleurs restaurants de Brive.

Cité du cheval : Marquise de Pompadour.

Jeanne-Antoinette Poisson, aura sans doute brillé par son absence dans ces lieux, mais le haras lui doit pourtant sa création en 1760. Elle a donné à Pompadour une vocation équestre qui ne s’est jamais démentie depuis. La favorite de Louis XV aimait l’art, la philosophie et les chevaux ! Le roi lui offre le château de Pompadour en même temps que son tître de Marquise  qui lui permet d’intégrer la Cour.

Château de Pompadour/(c)Corrèze Tourisme

Depuis le haras n’a cessé d’évoluer, jusqu’à devenir haras national en 1872 et le berceau de la race de pur-sang « Anglo-arabe ». Ce complexe accueille à proximité, au Domaine de Chignac, une jumenterie unique en France. Sans oublier le château splendide, bâti au 15ème siècle et remanié au 18ème, ses onze pièces meublées, ses terrasses et sa vue imprenable sur l’hyppodrome. Et bien sûr les écuries de la Marquise et de l’Orangerie, car tout ce fabuleux patrimoine reste dédié au cheval.

Courses Pompadour©Julien Michel/Corrèze Tourisme

Quel qu’il soit, de sang, de trait, de course, de spectacles ou présidentiels et rythmé par de nombreuses animations toute l’année. En vrac : Courses, concours, cabarets et spectacles équetres, visites contées et théatralisées.

Pratique :

Se Renseigner :

Tourisme Correze

www.tourismecorreze.com

Les Jardins de Colette

www.lesjardinsdecolette.com

Uzerche

https://www.tourismecorreze.com/fr/tourisme_detail/uzerche.html

Où diner et dormir à Uzerche ?

Hôtel Joyet de Maubec**** et son restaurant « La Treille Muscate » (magnifique hôtel particulier du 16ème s.) https://www.hotel-joyet-maubec.com/

Tél. 05 55 97 20 60

Que voir à Uzerche ?

Outre la cité médiévale d’Uzerche, il faut visiter l’éco-quartier culturel de l’ancienne papeterie crée par Sophie Dessus.

La Papeterie d’Uzerche

https://www.tourismecorreze.com/fr/la_papeterie_d_uzerche.html

Sur les pas de Simone de Beauvoir

https://www.tourismecorreze.com/fr/tourisme_detail/sur_les_pas_de_simone_de_beauvoir.html

Office de Tourisme Terres de Corrèze – 10 place de la Libération – 05 55 73 15 71

Où Déjeuner à Uzerche ?

Hôtel-restaurant Teyssier*** à Uzerche Rue du pont Turgot – 19140 Uzerche – Tél. 05 55 73 10 05

https://www.tourismecorreze.com/fr/le_mag/pompadour_au_rythme_de_son_haras_national.html

Association Scènes de Manège – Château – 19230 POMPADOUR – Tél. 05 55 98 99 27

Où dormir au Vert?

Spalazen : un hameau de cinq lodges qui conjuguent calme, confort et authenticité.

www.spalazen-nature.com

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