Balade Art Déco à Saint-Quentin

Image de présentation : parvis de la gare au crépuscule

Détruite à 80 %, la plus grande ville de l’Aisne va devenir après la Première Guerre mondiale un laboratoire architectural mêlant l’Art Déco aux influences flamandes locales : brique picarde et céramique vernissée. Un vrai festival !

Bombardée, Saint-Quentin n’a pas été saignée à blanc par les Allemands, mais par les Alliés. Etat de grâce et de reconstruction durant les années folles, où un plan d’extension  et d’embellissement est planifié dès 1919 par l’architecte urbaniste Paul Bigot, grand prix de Rome. Et dont le centre-ville profite encore aujourd’hui avec les témoignages de cette époque où des architectes,  sculpteurs, ferronniers ou mosaïstes exercèrent avec brio leur génie.

Place Pano

La Sous-préfecture de l’Aisne invite ses visiteurs à redresser tête et dos pour contempler ce méli mélo de styles sur les façades truffées d’éléments qui fouettent l’imagination, entre les frontons à redans typiques de la région,  les Bow-Windows Art Déco, les dômes, les roses en cabochons, le motif de la panière qu’on retrouve intégré aux arabesques des balcons en fer forgé… Depuis une dizaine d’années, la ville a fait l’objet de plusieurs campagnes de rénovation, subventionnées en partie par la Mairie, ce qui a  permis aux propriétaires privés de retrouver le lustre passé de leurs propriétés et donner à tous les Saint-Quentinois l’occasion de se réapproprier la richesse de leur patrimoine. La municipalité a inventorié pas moins de 3000 édifices Art Déco, privés ou publics dont 40 ont été estimés comme « exceptionnels ». Petit florilège…

Que vous débarquiez en voiture ou en train, le buffet de la gare est incontournable. C’est un petit bijou qui ne s’ouvre que sur réservation hélas, et dont on rêverait de  pouvoir juste profiter pour boire un café sur son sol étoilé, installé sur une des chaises  refaites par les élèves du lycée d’ameublement formés aux métiers d’art en ébenisterie. Restauré en 2019, c’est une débauche éblouissante et harmonieuse de mosaïques en pâte de verre grises ou en grès cérame, d’opalines rouges et noires, d’émaux de Venise dorés, de vitraux assemblés de 20 sortes de verre différents. Et que l’on doit au grand maître verrier Labouret, qui oeuvra aussi pour l’hôtel Lutetia, à Paris.

buffet de la gare-Dayan Briche

Bonne nouvelle, l’office de tourisme envisage d’y tenir des rendez-vous insolites dès le printemps prochain. A la sortie, allez saluer le Monument aux morts à deux pas  de la gare sur l étang traversé par la Somme puis vous remonterez vers le centre ville en vous arrêtant au passage au Conservatoire pour admirer ses luminaires, son  fer forgé et ses escaliers intérieurs. Vous poursuivrez jusqu’au Monoprix pour sa façade en sachant qu’un étage est réservé aux grandes expositions sur l’ art Déco notamment. Vous vous attarderez aussi devant la façade de l’ex Cinéma Le Carillon où est passée Joséphine Baker à l’époque du Music Hall.  

 Aujourd’hui les salles du haut sont dédiées aux séminaires et le rez de chaussée consacré à une boutique Orange. Ne ratez sous aucun prétexte la salle du conseil municipal en visite guidée. Elle est abritée dans le superbe hôtel de ville gothique flamboyant d’influence flamande qui a échappé aux bombardements des deux guerres. Et qui fut un temps, imprimé sur les billets de 50 francs. C’est un véritable régal avec ses chaises Rulhman aux armes de la ville, ses lampes ses boiseries sculptées qui rendent hommage au Carillon si charismatique de cette ville. Elle cohabite avec la salle des mariages de style régional fidèle à la façade flamboyante.

salle du conseil municipal

N’oubliez pas de jeter un œil sur l’ancienne criée municipale devenue traiteur et la grande poste en brique rouge archi régionaliste d’époque mais bourrée d’éléments Art Déco. Bref, vous allez vous en donner à cœur joie de la Rue de la Sous-Préfecture (jetez un œil aux N° 19, 21 et 33) en haut de la rue d’Usle à la pénétrante qui monte de la gare vers le centre, vous glisserez du centre urbain aux quartiers résidentiels avec leurs belles villas art Déco aux paniers garnis, et fer Forgé ouvragé. Levez les yeux aussi rue du Gouvernement derrière la Basilique immense, où l’on caserait aisément Notre Dame de Paris et qui vous réserve quelques  bonnes surprises comme ses deux magnifiques vitraux art déco…Et une vue à 360° à son sommet.

Pratique

Renseignements :

https://www.saint-quentin-tourisme.fr/ (pour le parcours Art Déco en audio guide et papier)

www.jaimelaisne.com

A Faire :

Prendre un  bain de chlorophylle en pleine ville au  Parc d’Isle. Tout y est gratuit sauf l’ accrobranche. Poussez la porte de la flambante neuve maison du Parc qui a été fermée pendant 2 ans et qui offre des expositions. Vous profiterez ensuite gracieusement du parc animalier ouvert cet été avec un centre de sauvegarde de la faune sauvage qui receuille les oiseaux blessés que les St Quentinois leur apporte.

A voir :

Musée des beaux-Arts Antoine Lécuyer du nom du banquier qui a cèdé son hôtel particulier et où on découvre Quentin de la Tour.

Musée des papillons

Le Casino

Où déjeuner ?

Chez Jean (un amoureux de l’Art Déco)

4bis Rue de Lyon, 02100 Saint-Quentin

Téléphone : 06 86 47 84 55

Restaurant Le 8

 3 Pl. du Huit Octobre, 02100 Saint-Quentin

Tél : 03 23 04 14 26

Où dormir et profiter d’un Spa et d’un massage ?

Les Nuits Pastel

17, rue Pierre Ramus https://nuitspastel.com/

A deux pas du parc des Champs Élysées et de ses villas art déco et béguinages.

Où dîner ?

Restaurant Le Champs ELYSEES

68 Rue de Baudreuil, 02100 Saint-Quentin

Téléphone : 03 23 62 73 68

Merci par avance de votre soutien :

Martine GUILCHER

JOURNALISTE PRINT ET WEB (Carte de presse n° 62050) Elle aime les doubles casquettes et les doubles expertises : 25 ans dans les domaines du Voyage, de l’Art de vivre et du Bien-être 10 ans dans le domaine de la psychologie, l’éducation et la consommation Elle aime surtout découvrir l’ici et l’ailleurs d’où sa spécialité dans le tourisme en France comme à l’étranger depuis un quart de siècle. Et ce n’est pas fini, après avoir multiplié les collaborations ; Femme actuelle, Notre Temps, Rebondir, Avantages, Grands Reportages, Télé Loisirs, France Soir etc, elle a été responsable pendant 9 ans de la rubrique « Carnets de Route » du Moci (Moniteur du Commerce International) et géré pendant 7 ans les rubriques Tendances Voyages du magazine Newzy, puis s’est expatriée au Maroc où elle a été responsable des pages « Tendance » Voyage, déco, gastronomie de l’hebdomadaire actuel. Depuis son retour, elle poursuit l’aventure avec Prestige ‘S , Gault&Millau et …

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